Hybrid Cloud : trier le bon grain et sortir des silos

cohesity - Christophe Lambert

Une exclusivité Les-Experts.tech

Par Christophe Lambert, Directeur Technique France et Strategic Business EMEA, Cohesity

Depuis le deuxième semestre 2018, toute l’industrie salue le renouveau de Microsoft qui s’est même octroyé en novembre un passage sur la première marche du podium des plus grosses valorisations boursières. Ce retour en fanfare est le fruit de la stratégie de son CEO, Satya Nadella, qui mise largement sur une vision “cloud public only” du futur de l’informatique d’entreprise. L’avenir nous dira si cette vision était juste. Pour l’instant, la réalité que l’on observe sur le terrain semble plutôt la contredire. Fin 2018, Forrester indiquait dans sa dernière enquête sur le sujet, que 74% des entreprises consultées qualifiaient leur stratégie de cloud hybride ou multicloud.

 

La plupart des entreprises considèrent qu’un environnement hybride – qui intègre de manière transparente un ou plusieurs clouds publics avec une infrastructure privée – est idéal pour la transformation du datacenter ,et pas uniquement un modèle transitionnel, simple étape sur la route qui mène à une infrastructure complètement hébergée dans un ou plusieurs clouds publics. Le modèle hybride permet de combiner avantageusement performance technique et économique.

 

Cette transformation des infrastructures visant à bénéficier du meilleur des deux mondes est particulièrement visible dans le domaine des données. A mesure que la transformation numérique gagne tous les secteurs de l’industrie, les données deviennent l’une des ressources les plus précieuses pour toutes les entreprises. Cependant, des années de silos et de solutions héritées de plusieurs dizaines d’années ont rendu difficile pour les organisations de protéger, de localiser, et même de gérer ou d’exploiter ces données patrimoniales.

 

Le cloud public est une destination en pleine croissance pour les données, mais pas toutes. Lors d’une récente enquête interne :

  • 79% des entreprises ont déclaré qu’elles sont susceptibles de déplacer certaines données sur bande vers le cloud.
  • 36% des entreprises s’attendent à ce que la reprise après sinistre soit la première tranche de leur activité à migrer vers le cloud.

L’utilisation des clouds publics pour des fonctions secondaires comme pour de la rétention à long terme (LTR) ou dans le cadre de procédures de reprise d’activité après sinistre est en pleine croissance, mais pas nécessairement pour les fonctions de production, confirmant que l’hybridation du stockage s’ancre dans les moeurs.

 

Le modèle hybride n’est pas pour autant le choix de la facilité. D’après un sondage récent de l’institut Gartner, c’est même le principal challenge que rencontrent les responsables d’infrastructure. Lorsqu’ils décident de déployer leurs données sur une infrastructure hybride, les entreprises se heurtent généralement aux quatre problèmes suivants :

  • Le cloud public permet d’être plus agile tout en réduisant les coûts. Cette commodité a néanmoins un prix. Les clouds publics ne sont pas exempts de silos. Même si elle ne revêt pas tout à fait la même forme, la fragmentation des données qui se produisait dans les systèmes “on premise” existe aussi dans les clouds publics.
  • La croissance exponentielle des données et leur fragmentation ont créé un manque de visibilité et de contrôle sur la localisation des données. L’utilisation d’outils d’administration différents multiplie les risques d’erreurs et la compartimentation des données.
  • Alors qu’elles envisagent le modèle hybride, les entreprises sont confrontées à une question critique : Comment assurer la compatibilité, la mobilité des données et la portabilité des applications entre les deux espaces ? Les entreprises ont besoin de pouvoir facilement faire tourner des machines virtuelles (VM) afin d’accélérer les tests et le développement dans le cloud tout en facilitant la migration.
  • L’environnement légal exerce une pression croissante sur les entreprises, particulièrement en ce qui concerne les données personnelles. Le RGPD en Europe et d’autres initiatives similaires dans le monde imposent aux entreprises de parfaitement maîtriser l’emplacement et la protection des données à caractère privée et représentent un risque financier non négligeable en cas de non-conformité.

 

Pour résoudre ces challenges inhérents à une infrastructure cloud hybride, de plus en plus d’entreprises adoptent des solutions tierces de convergence du stockage. Ces solutions ont une approche “holistique” et s’intègrent nativement, aussi bien avec les espaces de stockage traditionnels qu’avec les principaux clouds publics pour former un continuum. Elles permettent de consolider la gestion des données réparties à travers différents services au sein d’un outil unique. Cette approche offre les avantages immédiats en termes de sauvegarde et restauration :

  • Des temps de restauration plus rapides pour les données sauvegardées, archivées et hiérarchisées
  • La possibilité d’effectuer des restaurations en masse immédiate
  • Une couche de sécurité supplémentaire en apportant le chiffrement des données de bout en bout (stockées ou lors de transferts)
  • La capacité de traiter les données sur site et les données en nuage avec la même agilité.

 

Au delà de la sauvegarde et de la restauration, ces solutions offrent des atouts certains en termes d’intégration des données dans d’autres processus et procédures :

 

Accélérer les tests et le développement dans le Cloud

La cohérence supplémentaire que les solutions apportent facilitent le provisionnement, la conversion ou la sauvegarde des données qui sont utilisées à des fins de tests ou de développement. Les environnements de test/dev sont facilement transférés et, (et même de manière automatique) lorsqu’ils ne sont plus utilisés. Ainsi, les entreprises peuvent éliminer le besoin de copies de données coûteuses et faciliter la mobilité des applications entre clouds et leur datacenter.

 

Simplifier la reprise après sinistre

Fondamentalement, tout impératif de conformité légale mis à part,  il n’y a qu’une seule raison pour laquelle les entreprises consacrent des ressources à la protection des données : maintenir leur activité en cas de sinistre. Une plateforme de convergence du stockage moderne permet d’appliquer des stratégies plus élaborées sur ce plan :  réplication entre clouds privés et publics, mobilité automatisée des données en fonction de paramètres prédéfinis, création et réplication de clusters virtuels ou encore conversion automatique et transfert des machines virtuelles.

 

Au final, la plupart des entreprises évoluent vers un environnement de données plus complexe. L’utilisation de plateformes de données convergées permet de mieux maîtriser la prolifération des silos et fournit un point d’activation unique pour l’archivage, la sauvegarde, la reprise après sinistre, la hiérarchisation des données et la prise en charge de différentes phases de développement tout en répartissant les charges de manière fluide et transparente, au meilleur coût.

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