La sécurité au travail : un révélateur du leadership et de la performance

Sondage ERM Global

Plus de 80% des Directeurs de Santé affirment la nécessité d’augmenter les investissements en santé-sécurité au travail au profit du leadership et de la culture afin d’accroître l’impact de leur approche face à la persistance des accidents graves et à la demande croissante des parties prenantes.

 

La sécurité et la santé au travail : réel enjeu pour les entreprises en quête d’amélioration continue.

Alors qu’en France, 120 accidents du travail pour 1 000 salariés étaient dénombrés en 1946, ce chiffre a chuté à 34 en 2016. Néanmoins, 600 000 incidents sont comptabilisés par l’assurance maladie. ERM, société internationale de conseil spécialisée en développement durable, a dévoilé jeudi 29 novembre 2018 à l’occasion de la première édition d’INNsafety une étude menée auprès de groupes internationaux, concernant la sécurité et la santé au travail.

Malgré les progrès et des investissements croissants, la sécurité au travail reste un enjeu vital.En effet, 53 % des interrogés ont eu affaire à des cas de blessés graves ou de décès dans le cadre de leurs activités 12 à 18 mois précédant ces entretiens. Et ce, malgré des investissements importants dans des démarches mêlant des solutions techniques, des formations, ou encore du développement de contrôle organisationnel Face à ce constat, la question de l’efficience et de l’impact de tels investissements – qui atteignent en moyenne 17% de la masse salariale (jusqu’à 26% dans certains secteurs) – se trouve posée.

 

Des disparités d’investissement entre les secteurs

4 secteurs professionnels se démarquent et investissent plus que les autres dans la sécurité au travail et dépassent les 15 % : le secteur pétrolier (Oil & Gas) ouvre la marche (plus de 25 %), suivi du secteur minier et métallurgique (plus de 20%). Les secteurs de la fabrication et de la chimie dépassent quant à eux les 15%. Les TMT et les transports viennent clôturer ce sondage en dépassant légèrement les 5%.

 

Mais, partout les programmes et process déjà mis en place n’ont pas un impact suffisant sur les résultats

Près d’un sondé sur deux (notamment autour de 52% pour l’industrie pharmaceutique et 48% pour le Oil & Gas) estiment que les politiques déjà mises en place ne sont pas encore assez efficaces.

 

Des risques plus difficiles à gérer chez les sous-traitants.

Le recours croissant des entreprises à la sous-traitance – un fait majeur reconnu par la majorité (72%) des personnes interviewées – conduit à un transfert des risques vers ces entreprises.

Ainsi les sous-traitants se retrouvent finalement exposés à des activités plus dangereuses selon 55% des répondants.

Or, 69% des sondés reconnaissent que la prévention des risques chez les sous-traitants est un plus grand défi qu’au sein de leurs propres équipes.

Si 83 % des interrogés proposent tout de même des formations à leurs sous-traitants, 94% estiment qu’il y a encore beaucoup à faire pour améliorer leur sécurité. Les principales difficultés sont liées aux procédures d’achat de services (qualification, contractualisation), à des gaps culturels importants et à une tendance apparente à maintenir une approche de laisser faire ou purement légale aux dépens de la réalité des risques. Dès lors, une des voix réside dans l’intégration des questions de sécurité au travail dès le début de leur collaboration au moment des phases de Qualification – Sélection- Intégration.

 

L’implication des dirigeants reste la clé mais ces derniers ont besoin de progresser et d’acquérir de nouvelles compétences.

75% des interrogés jugent l’implication des dirigeants (tous niveaux hiérarchiques confondus) comme l’un des moyens les plus efficaces de faire évoluer les comportements sur le terrain.

70% des interrogés estiment que leurs hauts dirigeants s’engagent dans une politique de sécurité, 60% pour leurs cadres intermédiaires et 48% pour leurs supérieurs directs.

A contrario, seulement 29% estiment que les dirigeants (tous niveaux hiérarchiques confondus) sont efficaces dans la reconnaissance des dangers et s’engagent efficacement sur le terrain.

 

Des entretiens qui laissent émerger plusieurs phénomènes sur le marché de la sécurité et de la santé au travail ont révélé les conclusions suivantes :

  • Les attentes des parties prenantes quant à la Santé Sécurité au travail sont en constante augmentation ;
  • Les entreprises investissent de plus en plus dans ce secteur ;
  • Malgré cela, l’amélioration de la culture et de la performance sécurité reste un défi difficile à relever ;
  • Avec l’accroissement du recours à la sous-traitance, le risque est porté de plus en plus fortement par des sous-traitants, plus difficiles à gérer ;
  • La plupart des entreprises ne savent pas combien elles investissent dans la sécurité ;
  • Les démarches sécurité sont encore trop souvent pilotées par des indicateurs de suivi et non de pilotage ;
  • Les programmes et les process déjà mis en place n’ont pas un impact suffisant sur les résultats ;
  • L’exploitation des données et la technologie deviennent des enjeux majeurs ;
  • L’implication des dirigeants reste la clé, mais ces derniers ont besoin de progresser et d’acquérir de nouvelles compétences.

 

Méthodologie

Le sondage a été mené auprès d’un échantillon de 144 personnes, représentatif des Directeurs de Santé et de la Sécurité d’entreprises situées dans 22 pays. 120 grandes entreprises sont représentées dans ce sondage. Les interviews ont été réalisées lors d’un entretien téléphonique ou en face-à-face, mené par un expert indépendant et un représentant d’ERM de janvier à juin 2018.

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