Transformation digitale axée cloud : comment la réussir ?

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Par Pierre Papera, VP Engineering, New Relic

Envisager le cloud comme une simple solution économique de stockage et d’hébergement des applications est plutôt réducteur. Seules les entreprises capables d’adopter pleinement des approches agiles et souples récolteront les fruits de cette migration. Toutefois, elles font encore preuve d’une certaine frilosité vis-à-vis du cloud, se montrant hésitantes à l’idée de céder le contrôle de leurs données à un fournisseur cloud et exprimant des inquiétudes quant à la sécurité desdites données. Cependant, les avantages l’emportent largement sur les risques, qu’il est possible de maîtriser et de réduire, apaisant ainsi ces craintes. Dès lors, il ne s’agit plus de savoir si les entreprises doivent migrer vers le cloud, mais plutôt se demander comment optimiser cette migration.

 

Le cloud est-il une solution pertinente sur le plan financier ?

Dans certains cas, avoir des datacenters en propre peut s’avérer plus onéreux que d’avoir recours au cloud ; dans d’autres, le coût peut être nettement inférieur. En revanche, il ne faut pas oublier le coût du processus de migration vers le cloud : les premiers mois peuvent se révéler particulièrement coûteux, selon la méthode utilisée pour mettre en œuvre cette migration.

Dans le cas d’un déplacement d’applications existantes d’un datacenter vers le cloud sans modification, il est fortement possible que le recours au cloud soit plus coûteux que le système d’origine. Au contraire, si les applications exploitent des fonctionnalités spécifiques du cloud, améliorant leurs capacités et leur efficacité, telles que l’allocation dynamique des ressources, alors le cloud apparaît comme l’option la plus rentable.

Les services proposés par le fournisseur de cloud au regard des besoins de l’entreprise doivent également être pris en considération. Si le processus de migration est facilité par les services à forte valeur ajoutée, il convient de prendre en compte que ces capacités ont un coût supplémentaire qui vient s’ajouter aux coûts standards du cloud et des datacenters.

 

Les données, encore les données, toujours les données

Si la gestion des problèmes de sécurité est plus facile dans le cloud, il est tout de même important de lui accorder une considération sérieuse, en particulier dans le contexte du Règlement général sur la protection des données (RGPD), entré en vigueur l’année dernière.

Les entreprises peuvent avoir recours à un bon nombre de solutions de cybersécurité intégrées au cloud. En effet, les fournisseurs cloud investissent = massivement dans la sécurité car c’est un élément primordial de leur activité. Ils disposent d’équipes de sécurité de pointe et proposent un large éventail d’outils, en direct ou par le biais d’autres fournisseurs, afin de permettre à leurs clients d’intégrer la sécurité à leurs propres systèmes.

Toutefois, qu’une application soit hébergée sur site ou dans le cloud, il est de la responsabilitée de chaque équipe en charge du développement logiciel de bien déployer son application en utilisant correctement ces systèmes de sécurité.

Tout ceci est au cœur même du RGPD et des restrictions que ce règlement impose aux entreprises quant à la gestion de leurs données, qu’elles utilisent des services cloud ou sur site. Le cloud permet d’outiller les entreprises pour à les permettre d’appliquer ces restrictions et à renforcer leur sécurité. Le cloud offre un cadre permettant de fournir des applications et des infrastructures sécurisées pour lesquelles une visibilité complète des vulnérabilités, des risques et de la performance applicative est impérative.

 

A quoi ressemble la migration idéale ?

Chaque migration apporte son lot de challenges. Si la majorité des entreprises ont souvent un niveau d’attentes élevé une fois qu’elles ont prisent la décision de migrer vers le cloud, la réalité n’est pas toujours si simple. De manière générale, les entreprises rejettent la faute sur les différents départements dès qu’un problème survient pendant la migration.

Dans la plupart des entreprises qui entament leur migration vers le cloud, il est difficile pour les équipes software de tenir leurs promesses auprès des parties prenantes. Afin de réussir sa migration vers le cloud, il est nécessaire de prendre des mesures pendant la phase de planification et la phase de migration, mais aussi de réaliser un suivi une fois la migration effectuée. Pour ce faire, il est essentiel d’instrumenter les applications dès le début du processus afin d’être capable d’identifier rapidement les problèmes et d’obtenir une meilleure compréhension de ce qui arrive à l’application lors des différentes phases de la migration.

La phase de planification consiste à identifier le type d’indicateurs qui seront mesurés et d’avoir une vision claire des raisons de ces mesures. Un suivi de ces indicateurs clés de performance (KPI) au cours de la migration est alors nécessaire, de sorte à garantir sa réussite. Il faut également créer un inventaire des ressources et définir leurs dépendances, de manière à comprendre comment les composants de l’application fonctionnent ensemble et fixer des attentes de performance pour chacun d’eux.

Ce niveau de visibilité ainsi que les données de performance liées à l’application permettent de déterminer quelles ressources rentrent dans le cadre de la migration, ainsi qu’un ordre dans lequel migrer ces ressources. Cela permettra, pendant la migration, d’évaluer si les ressources cloud améliorent réellement les capacités opérationnelles de l’application. Les tests d’acceptation, si effectués rigoureusement, permettent de constater que les objectifs ont été atteints ou de réitérer le processus jusqu’à ce que les résultats souhaités soient obtenus.

 

Accélérer le changement

L’infrastructure basée dans le cloud échappant au contrôle de l’entreprise, il est essentiel d’avoir la capacité à prendre de l’assurance et à démontrer les résultats. Il est également impératif de comprendre l’impact des technologies cloud sur les applications et l’expérience client avant de chercher à tirer profit des capacités et des services plus avancés que le cloud propose.

De nombreuses questions sont soulevées par la migration des applications de production vers le cloud, notamment celle de savoir si l’impact sur la performance est conforme aux attentes. Les technologies dynamiques serverless et les architectures distribuées offrent toutes des capacités d’innovation et d’évolutivité. Toutefois, il est important de savoir évaluer si les impacts sur la performance, qu’ils soient positifs ou négatifs, sont adaptés à l’application et permettront de répondre aux besoins de l’entreprise.

Il est également important de déterminer à quel stade du cycle de hype se trouvent ces nouvelles technologies, car le recours à en est souvent abusif. En effet, adopter pleinement un nouveau service sans instrumentation fait courir le risque de se retrouver avec une application qui fonctionne sur une infrastructure de qualité inférieure. De plus, utiliser une technologie encore peu mature comporte des risques, à moins de bien comprendre la valeur qui découle de cette technologie, et il est impossible de percevoir cette valeur sans avoir une bonne visibilité de l’impact de la technologie sur l’application.

 

Le cloud, source d’opportunités

Dans l’ensemble, migrer vers le cloud offre de nombreuses opportunités aux entreprises prêtes à les saisir et à expérimenter les nouvelles idées qui prennent forme grâce aux technologies cloud. Si les tendances de l’industrie et les défis propres aux marchés peuvent différés d’une entreprise à une autre, la constante pour les entreprises est de maintenir l’expérience client au centre de leurs décisions, tout en restant souples et agiles face à l’évolution des attentes de leurs clients. Le cloud ouvre cette voie, tant aux institutions respectées qu’aux nouvelles start-ups.

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