Un nouveau business model à trouver pour gérer la valeur des données tout en respectant leur confidentialité

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Laurent Heurtin - Directeur Solutions et PS Dimension Data FranceMardi 22 mai 2012

Par Laurent Heurtin, Directeur des Services, Dimension Data France

 Jusqu’ici, notre industrie a abordé les innovations technologiques de manière très théorique, sans donner d’idée concrète sur la manière dont serait mise à profit la puissance de ces innovations. C’est le cas pour l’analytique, le machine learning, l’intelligence artificielle, la blockchain ou la conteneurisation, pour n’en citer que quelques-unes. Mais les choses commencent à changer. Les entreprises les plus innovantes pourront bientôt mettre en avant des illustrations éloquentes de transformation digitale en 2019, et de nombreuses autres innovations seront introduites au cours des trois prochaines années. Celles-ci deviendront si fermement ancrées dans les processus d’entreprise que nous finirons par les considérer comme ordinaires. 2019 est l’année au cours de laquelle les entreprises pionnières se détacheront de leurs compétitrices et nous commencerons alors à voir une importante redistribution des puissances des entreprises au sein des industries.

 

Tendance 1 : Un accès plus facile à ces nouvelles technologies en permettra l’adoption accélérée

La rapidité de la transition est liée à une meilleure compréhension de comment et où utiliser de telles technologies mais surtout à la facilité d’accès à ces technologies, tant du point de vue des plateformes sous-jacentes utilisées que du coût. Les fournisseurs d’hyperscaler de type IaaS (infrastructure-as-a-service), PaaS (platform-as-a-service) et SaaS (software-as-a-service) comme Google, Microsoft, Amazon et Salesforce commencent à intégrer ces capacités à leurs offres, ou à les rendre disponibles à des tiers en tant que plateforme, permettant ainsi aux entreprises de surmonter les obstacles auxquels elles ont pu faire face par le passé. Désormais, les entreprises ont accès à des technologies disruptives sans avoir à investir en vue de construire leurs propres algorithmes et plateformes. Elles peuvent ainsi se concentrer sur l’exploitation de ces technologies et gagner en valeur ajoutée plus rapidement.

Les bots et l’automatisation des processus font déjà partie de la vie quotidienne, sur le plan professionnel comme personnel. Il est relativement simple de créer un bot qui aura accès à tous les systèmes de support commercial afin d’obtenir un tableau de bord consolidé. Ces tableaux de bord peuvent être personnalisés pour chaque employé du service client, ouvrant la voie à de meilleures prises de décision. Désormais, il est possible de passer à l’étape suivante, via une application d’intelligence artificielle. L’application Einstein de Salesforce en est un exemple. Cet outil est capable de faire des recommandations et des prédictions relatives aux prochaines actions à mener et aux résultats en découlant en se basant sur des processus d’entreprise et des données clients. Ces recommandations et prédictions ne seraient pas possibles sans l’usage d’un tel outil.

 

Tendance 2 : La gestion de l’identité comme application majeure de la blockchain

La gestion de l’identité sera l’une des applications les plus majeures de la blockchain d’ici trois à cinq ans. En effet, la plupart des incidents majeurs de cybersécurité qui se sont produits au cours de ces dernières années ont impliqué des violations de données personnelles relatives à l’identité. L’intégration de la gestion des identités au sein d’un environnement blockchain permettrait de résoudre nombre de problèmes actuels, mais ouvrirait également la voie à une toute nouvelle chaîne de valeur centrée sur l’identité.  Les niveaux de cryptage élevés et la nature décentralisée des données sont des caractéristiques inhérentes à la blockchain. Celles-ci ont des incidences directes sur le niveau de cybersécurité qu’il est possible d’offrir, ce qui résout incontestablement une partie du problème.

On pourrait également imaginer l’émergence d’autres chaînes de valeur, comme donner la possibilité aux individus d’être en réelle possession et en maîtrise de leur identité, et permettre, de manière sélective, l’utilisation de ces attributs par des tiers dans le cadre de transactions ou d’interactions. Cela pourrait venir changer fondamentalement l’approche des transactions financières, des échanges sensibles concernant la santé, ou de tout autre attribut relevant de l’identité. Ces modèles ont le potentiel de s’étendre à des écosystèmes bien plus vastes, et entraîner la monétisation des données relatives aux attributs d’identité.

 

Tendance 3 : Les entreprises apprendront à exploiter leurs données, tout en respectant leur confidentialité

De nos jours, la très grande majorité des entreprises a accès à une grande quantité de données. Mais c’est ce que les entreprises font de ces données qui viendra définir les business models de demain. Les business models existants seront remodelés en fonction de la valeur des données générées par les activités existantes. Cette valeur remplacera alors celle des activités génératrices de revenus traditionnelles.

Du fait du potentiel de valeur monétaire qu’il représente, la gestion de la valeur des données deviendra l’un des domaines d’investissement les plus importants d’ici trois à cinq ans. Ce sera également l’une des forces motrices de l’investissement visant à créer davantage de données. Les réglementations en matière de confidentialité se multiplient, tant à l’échelle nationale que dans les différents secteurs d’activité. L’intérêt croissant pour la gestion de la valeur des données stimule considérablement l’innovation en matière de confidentialité. La difficulté désormais est de réussir à tirer des enseignements provenant de sources de données disparates et distribuées sans enfreindre les directives règlementaires ou recommandations en matière de confidentialité. L’analyse anonyme des données à grande échelle est un défi permanent. Parvenir à extraire des enseignements poussés sans partager les données sources ou enfreindre la loi sera l’une des conditions sine qua none de la croissance.

 

Tendance 4 : L’IoE, « Internet of Everything », va changer nos vies

D’ici 2020, les objets connectés devraient atteindre le nombre de 50 milliards. Mais le terme d’internet des objets ne suffira plus à couvrir cette réalité ; on parlera alors d’IoE (Internet of Everything).

L’IoE concernera tous les aspects de notre vie et transformera la manière dont nous prodiguons les services de santé ainsi que notre manière de vivre, de travailler et d’apprendre. Ce qui, de plus en plus communément, est appelé « l’API humaine » remodèlera nos vies, nous permettant de communiquer avec tout un éventail de systèmes connectés de manière difficilement prédictives. La portée de la biométrie se développera au-delà de notre compréhension actuelle pour intégrer les gestes, les émotions, les expressions et bien d’autres éléments encore, et permettra de déclencher des réactions automatisées qui viendront compléter, faciliter ou améliorer nos activités.

 

Tendance 5 : Ces innovations technologiques disruptives entraîneront une consolidation des fournisseurs technologiques

Les fournisseurs technologiques connaîtront une période de changement et de bouleversements technologiques sans précédent, due à l’émergence de nouveaux géants technologiques aux business models très différents. La domination croissante du marché par les GAFAM, guideront cette transformation.

Les GAFAM ne se procurent pas leurs technologies auprès d’équipementiers (appelés OEM) tels que HP, Dell, Cisco, ou IBM. Au lieu de cela, ils achètent leurs technologies ou leurs composants de fabricants de produits en marque blanche (appelés ODM), qui écrivent leur propre code et développent leurs propres solutions. Cela restreint le marché potentiel des OEM, avec des conséquences importantes pour eux, sachant que sur certains segments, les OEM sont déjà en concurrence sur une part de marché correspondant à 40% du marché total du segment. Pour ajouter à la difficulté, les ODM rendent leur code disponible auprès de communautés open source, telles que l’Open Networking Foundation ou l’Open Compute Project, permettant aux entreprises disposant des ressources et des fonds nécessaires de construire par eux-mêmes leurs solutions, réduisant un peu plus la part du marché potentiel pour les OEM. Si l’on ajoute à cela les nouveaux modes de consommation, comme l’IaaS et le SaaS proposés à grande échelle, la part du marché potentiel pour eux se réduit encore davantage.

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