Big Data Bang, le boom de la data workplace

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Etude par JLL

Black Mirror arrive-t-il dans nos bureaux ? Les scénarios possibles de la Data Workplace.

A l’heure du Big Data, chaque minute se bousculent 3,8 millions de requêtes Google, autant de likes sur Facebook et 9,7 millions de “swipes” Tinder à droite. Chacun de nous est suivi dans ses déambulations physiques et virtuelles afin d’être toujours mieux cerné et mieux servi. La data explose dans tous les domaines, depuis les génies du marketing prédictif Netflix et Uber, aux colosses de la domotique Google Home et Alexa, en passant par les géants de la voiture autonome… Mais qu’attendent nos bureaux pour adopter une approche data-driven ? L’immeuble serait-il par essence low-tech ? Les salariés seraient- ils plus vigilants que les consommateurs ? Pourtant, 97% des entreprises estiment que, demain, nos environnements de travail seront prédictifs. Pour répondre à ces questions, JLL a sondé 1046 actifs français ainsi que 39 entreprises. Sa nouvelle étude, Big Data Bang, Le Boom de la Data Workplace nous livre les clés d’un bureau data-driven réussi.

 

La data au service de la performance et de l’expérience de travail

71% des entreprises affirment que le manque de données liées à l’environnement de travail freine leur performance et leur attractivité. Elles rêvent de data pour calibrer leurs espaces et offrir une expérience sur-mesure à leurs collaborateurs.

67% des entreprises veulent adopter une approche data-driven pour optimiser la performance opérationnelle et financière de leurs bureaux. Elles veulent pouvoir suivre l’occupation de leurs espaces et de leurs postes de travail. Une mesure traditionnellement appréhendée par des campagnes d’observation, qui se sophistique aujourd’hui pour être captée en continu via des capteurs de présence. “La connaissance de l’utilisation en temps réel des espaces signe la bascule vers une gestion smart & durable du bâtiment. Au lieu de gérer les espaces et les services à l’intuition, la data permet de tenir compte des habitudes et des usages réels des salariés” explique Flore Pradère, Directrice Recherche Entreprises chez JLL. Il est désormais possible d’ajuster le confort collectif (ventilation, chauffage, lumière…) en fonction du nombre de personnes présentes. Cette data permet aussi de calibrer parfaitement le Facility Management, notamment les prestations de nettoyage en fonction des espaces utilisés ou non. En poursuivant un cran plus loin, la mesure de l’occupation pourrait servir une allocation des ressources au plus juste et permettre de gérer les pics de fréquentation : redirection des salariés vers d’autres sites de l’entreprise, incitation au télétravail de façon ponctuelle, modulation des durées de réunion pour assurer un taux de rotation optimal des espaces.

60% des entreprises veulent mettre la data au service de l’amélioration du bien-être, de la santé et de l’expérience de leurs collaborateurs. Et les planètes s’alignent : il s’agit aussi du premier levier qui pousserait les salariés à partager leurs données – devant une rémunération plus équitable et une meilleure gestion de leur carrière. “À l’heure du tout collectif, les salariés réclament une attention particulière à leurs individualités. 76% trouvent intéressant que le poste de travail s’adapte en temps réel en fonction de leurs préférences personnelles” détaille Camille Rinieri, Consultante Recherche Entreprises chez JLL. Les applications d’entreprises, comme celle développée par Orange pour son futur siège deviendront demain des télécommandes permettant de gérer les fonctions domotique des bureaux : la lumière, la ventilation, le chauffage, les stores… “Au delà de la personnalisation, les salariés réclament aussi une expérience sans couture, 74% rêvent qu’une app’ leur propose le lieu de travail le plus adapté en fonction de leur agenda du jour : travail en équipe ou individuel, brainstorming, conférence téléphonique…” renchérit Flore Pradère. Si de tels outils semblent s’apparenter à de la science-fiction, la Société Générale a déjà franchi le cap 

et permet à ses collaborateurs de trouver un poste ou une salle disponible et de partager leur position directement via l’app’ d’entreprise. 

 

Le côté obscur de la force vu par les salariés

Si certaines solutions séduisent les salariés, d’autres au contraire font craindre des dérives. 78% des actifs redoutent que leurs données soient utilisées comme un outil de flicage et 70% craignent qu’elles servent d’autres usages que ceux auxquels ils ont consenti. Comment expliquer de telles réticences dans la sphère professionnelle alors que tout est collecté dans notre vie privée – au travers des réseaux sociaux, des cookies, de la géolocalisation ? “Sur la toile, le consommateur accepte de façon contrainte la collecte de ses informations pour pouvoir accéder à des services. Dans l’entreprise c’est beaucoup plus palpable. L’équilibre fragile de la relation employeur-employé sera à n’en pas douter bouleversé par la collecte et l’analyse de données personnelles.” développe Camille Rinieri.

 

Pour embarquer et rassurer les salariés, il faudra leur offrir des garanties: 

  • Implication et responsabilisation : 64% veulent avoir le contrôle de leurs données personnelles (rectification, effacement…) 
  • Confidentialité et sécurité : 54% exigent l’assurance que leurs données restent anonymes pour leur manager et leur employeur 
  • Transparence : 43% demandent qu’on leur clarifie les fins auxquelles leurs données sont collectées 

 

Etude Big Data Bang, Le boom de la Data Workplace : Approche méthodologique 

  • 1046 actifs français en emploi sondés en ligne avec le CSA 
  • 1 Hackathon soumis à une communauté de 385 000 créatifs dans 163 pays; 56 idées sélectionnées et 3 lauréats 
  • 6 entreprises interviewées : BETC, GENERALI, GROUPAMA, ORANGE, SNCF, SOCIETE GENERALE 
  • 39 décideurs immobiliers interrogés 
  • 6 témoignages d’experts : juriste, philosophe d’entreprise, gourou du recrutement prédictif, éditeur d’application, expert digital du coworking, chantre du BIM 
  • Un passage au crible des secteurs les plus pointus en matière d’exploitation de données : urbanisme, tech, santé, banque, domotique, cabinets de conseil, retail, hôtellerie, centres de recherche, éditeurs de logiciels… 
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