Cloud : à quel moment bascule-t-on du “bien” au “trop” ?

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Par Abdel El Bachtany, Directeur Avant-Vente EMEA South, Ivanti

Gartner estime que le marché des services de Cloud public va atteindre 331 milliards de dollars d’ici 2022, bien au-delà des 214 milliards de dollars prévus pour 2019[1]. L’histoire d’amour entre les entreprises et le “tout Cloud” semble toujours au beau fixe.

Cependant, Gartner recommande la prudence. Moins d’un tiers des entreprises possède en effet une stratégie Cloud documentée : les chiffres montrent qu’elles investissent dans le Cloud sans avoir de plan précis pour un retour sur investissement (ROI). L’une des conséquences de ce manque de stratégie est la prolifération du Cloud : les entreprises accumulent les services Cloud (et les paient), alors qu’ils sont inutiles et mal gérés.

Si les entreprises commencent à aborder de façon plus stratégique la position du Cloud dans leurs dépenses globales de transformation numérique (du moins, on l’espère !), les équipes IT peuvent prendre dès aujourd’hui des mesures pour en contrôler la prolifération. Des solutions sont disponibles pour contrôler les coûts, limiter les risques et gérer le Cloud de manière plus proactive afin d’améliorer la productivité et le ROI.

 

Même les demandes de Cloud qui passent par la DSI peuvent échapper à votre contrôle, avec des services qui continuent d’être actifs au-delà de la durée utile. Cela alourdit rapidement la facture de l’entreprise. Pour contrôler et limiter cette situation, les entreprises doivent envisager les pratiques suivantes :

  1. Collectez les données de base sur les activités de votre entreprise dans le Cloud, c’est la première étape. Tirez parti des outils de rapport et de découverte de vos fournisseurs de Cloud. Par exemple, AWS peut indiquer le nombre de vos utilisateurs du Cloud AWS et le nombre d’instances qu’ils exécutent. De même, Azure possède un portail qui offre une bonne visibilité sur les applications en cours d’utilisation.
  2. Ne laissez plus les applications en libre service. L’accès non restreint aux applications entraîne des dépenses de Cloud sans fin. Implémentez des outils de gestion des identités pour contrôler les accès et gérer les privilèges, ainsi que pour définir des profils d’utilisateur indiquant les applications et configurations accessibles par telle ou telle personne, et la durée de mise à disposition.
  3. Veuillez à une meilleure intégration avec l’ITSM. Les outils de gestion des services IT (ITSM) peuvent servir non seulement à traiter les demandes de ticket, mais également à ajouter une couche supplémentaire de contrôles de gouvernance. Exploitez un catalogue de services pour capturer, contrôler et suivre toutes les nouvelles demandes d’augmentation des ressources Cloud. Utilisez un workflow d’approbation pour les demandes qui franchissent les limites établies.
  4. Laissez l’automatisation se charger des tâches difficiles. Les développeurs, les chercheurs et les créatifs adorent “bidouiller”. Malheureusement, s’ils font appel à des services Cloud, la facture s’alourdit. L’automatisation peut limiter les risques de dépassement des coûts en imposant une date de fin à chaque application, sur la base de stratégies et de droits. Des tableaux de bord permettent d’obtenir une vue d’ensemble de toutes les ressources Cloud actuellement en cours d’exécution, et pas seulement à la fin du cycle de facturation.
  5. Préservez votre budget IT. DevOps.com signale que le gaspillage lié au Cloud va dépasser les 14 milliards de dollars en 2019[2]. Avec une solution de rapports et de tableaux de bord en self-service, vous améliorez le suivi et le contrôle de l’ensemble des applications Cloud, repérez les instances Cloud non utilisées et évitez les frais qui ne génèrent aucune valeur ajoutée pour l’entreprise. Cette structure d’approbation et de création de rapports vous permet de mieux prévoir les besoins en Cloud, et d’allouer proactivement un budget à des tâches plus stratégiques.
  6. N’oubliez pas d’arrêter les tâches. La facilité avec laquelle on peut multiplier les instances Cloud favorise la productivité immédiate, mais elle est catastrophique à plus long terme pour le contrôle des coûts. Ces instances ont parfois beaucoup de mémoire et une grande capacité. Et, une fois l’opération terminée, elles peuvent être oubliées, continuer de s’exécuter et alourdir ainsi votre facture. Pensez à faire appel à des outils comme un moteur de gestion des identités lié à des fonctions d’automatisation, pour garantir que les applis et ressources Cloud ne sont plus en cours d’exécution après le départ d’une personne de l’entreprise, après son changement de poste ou lorsqu’elle n’en a plus besoin. L’automatisation du contrôle des applications, que ce soit à l’arrivée d’un collaborateur ou à son départ, permet également de limiter les risques liés aux applications sauvages non gérées ou aux accès non autorisés.

 

À quel stade le « bien » devient-il « trop » ? Le service IT peut répondre à cette question en supprimant les instances Cloud qui génèrent du gaspillage et en préservant votre budget pour les opérations réellement créatrices de valeur ajoutée.

 


[1] Gartner, « Forecast: Public Cloud Services, Worldwide, 2016-2022, 4Q18 Update » (Services de Cloud public dans le mode, 2016 à 2022, mise à jour du 4e trimestre 18), avril 2019
[2] DevOps.com, « Cloud Waste to Hit Over $14 Billion in 2019 » (Le gaspillage lié au Cloud va dépasser 14 milliards de dollars en 2019), février 2019
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