dim. Déc 15th, 2019

La nécessité d’établir une stratégie pour aller au-delà du cloud public

juniper - mike bushong

Une exclusivité Les-Experts.tech

Par Mike Bushong, vice-président, marketing cloud et entreprise, Juniper Networks

Pour la plupart des entreprises, la migration vers le cloud commence par le transfert d’une poignée d’applications clés vers un fournisseur de service tiers. Celle-ci requiert une planification minutieuse afin de mettre à jour les applications, déployer des outils pour prendre en charge la gestion du cycle de vie du workflow, créer des processus qui correspondent au nouveau modèle de déploiement et former les personnes qui en assureront la maintenance.

Même si cette première vague de migration est réussie, il est tout de même nécessaire d’établir une stratégie pour la suite.

 

Choisir les bons indicateurs de mesure

Étonnamment, de nombreuses discussions sur le cloud manquent encore de précision.  Pour certaines entreprises, cette technologie est un moyen d’externaliser les coûts. Mais il ne faut pas s’y méprendre : le fait de ne plus posséder l’infrastructure physique, mais de payer pour l’utilisation, n’entraîne pas d’importantes économies. 

En effet, l’entreprise devra plutôt investir de manière double à court terme. D’un côté, elle devra assurer le fonctionnement de l’infrastructure existante pour toutes les applications qui n’ont pas encore migré vers le cloud (et n’y migreront peut-être jamais). Et de l’autre, elle devra développer une nouvelle approche impliquant non seulement des ressources cloud, mais aussi opérationnelles pour en assurer le fonctionnement. Les directeurs IT qui mettent en avant l’argument du coût pour amadouer les décideurs financiers doivent ainsi comprendre et prévoir que les deuxième et troisième années dans le cloud seront difficiles. 

S’il est important de comparer les coûts, il l’est tout autant de faire de même avec la vitesse d’execution. En effet, la véritable valeur de la migration vers le cloud sera surtout visible au niveau des opérations. Il faut alors comprendre que les entreprises ne paient pas pour les serveurs, mais plutôt pour les dizaines de milliers d’heures consacrées à l’optimisation et à l’automatisation des opérations sur le cloud. Pour en démontrer les avantages à leurs pairs, elles devront choisir les critères adéquats pour comparer l’agilité. Et pour cela, il faut avouer que beaucoup d’entreprises n’ont pas de point de repère pour évaluer cet aspect difficile à mesurer. 

Chaque organisation doit tirer parti de sa présence sur le cloud et pouvoir mesurer les gains opérationnels avec des indicateurs comme : le temps moyen de déploiement ou de réparation, d’activité total des services et des applications, etc.

 

Garder la main sur les négociations avec les fournisseurs 

Étant donné que l’expérimentation initiale du cloud concerne en général un petit nombre d’applications migrées directement vers un seul fournisseur, certains choix opérationnels relèvent de l’opportunisme. 

AWS propose ses modèles CloudFormation, tandis qu’Azure promeut ses équivalents ARM, permettant tous deux de configurer les workflows rapidement. En se reposant trop sur des outils opérationnels propres à un fournisseur, les entreprises risquent de limiter inutilement leurs choix en matière de cloud.

Cela n’est pas gênant à court terme mais si le but est de migrer de nombreuses charges de travail vers le cloud public, toutes les entreprises s’accorderont à dire qu’il est primordial de conserver un avantage dans les négociations avec les fournisseurs, afin de contrôler les coûts notamment. 

Les entreprises doivent sérieusement commencer à évaluer (et idéalement, à déployer) des outils indépendants du cloud. Que cela passe par des modèles libres (comme ceux fournis par Terraform de HashiCorp) ou des outils de gestion multicloud qui extraient la stratégie et le contrôle des clouds sous-jacents, elles doivent faire des efforts pour diversifier leurs environnements cloud.

 

Exploiter le potentiel de la télémétrie pour l’automatisation

Le cloud et le multicloud peuvent être considérés comme de simples modes de fonctionnement. Pourtant, il est nécessaire d’en comprendre le potentiel pour en bénéficier réellement.

Tout d’abord, le cloud et le multicloud permettent aux ressources et aux utilisateurs de se trouver n’importe où. Même si les modèles de déploiement et d’utilisation varient, l’expérience doit, elle, rester identique. Cela requiert un contrôle et une sécurité unifiés sur un ensemble de pools de ressources, à la fois sur site et dans le cloud. 

Si une entreprise souhaite surtout bénéficier de la vitesse du cloud avec l’automatisation, elle doit d’abord la planifier de manière polyvalente et garder en tête que ce qu’elle ne peut pas surveiller ne peut pas être automatisé. 

Les organisations souhaitant optimiser leurs opérations devront déployer des outils exploitant la télémétrie et de surveillance de bout en bout. Dans les environnements où ceux-ci sont souvent restreints à un seul domaine (WAN, centre de données, campus ou cloud, par exemple), il sera nécessaire d’en étendre la portée au-delà d’une seule partie de l’infrastructure. Il semble alors évident qu’en combinant des fonctionnalités de surveillance des performances d’application et d’infrastructure, la télémétrie d’infrastructure existante sera augmentée et la voie vers davantage d’automatisation ouverte.

 

Penser au personnel et à la culture d’entreprise

Cela peut sembler cliché que d’inclure le personnel et la culture d’entreprise dans les discussions sur le cloud, mais ce changement de technologie les affectera également. 

En effet, il existe une angoisse grandissante chez les équipes IT qui redoutent l’essor du cloud et de l’automatisation. Celle-ci est pourtant erronée. Même si certaines tâches deviendront obsolètes, l’objectif du cloud et du multicloud n’est pas de supprimer le facteur humain, mais d’améliorer l’agilité. Les entreprises ne se lancent pas dans de telles transformations par besoin de réduire les coûts mais par volonté de booster la croissance. 

La communication et la formation serviront alors à inclure et motiver le personnel. Les entreprises ont ainsi tout intérêt à en faire une de leurs priorités afin de ne pas se retrouver face à une équipe non-concernée.

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