Lancement de la 5G : un cahier des charges trop ambitieux ?

Etude par Wavestone

L’Arcep vient de publier ce lundi 15 juillet son projet de cahier des charges pour l’attribution des fréquences 5G aux opérateurs télécom. Cette phase de consultation publique fait suite à la conduite, depuis début 2018, de 31 expérimentations menées en France à travers le guichet mis en place par l’autorité de régulation. Parmi ces expérimentations, 23 d’entre elles ont été réalisées par les opérateurs (Orange – 10, Bouygues Telecom – 7, SFR – 6) ; 8 autres étant menées par des constructeurs (Nokia, Ericsson) et des instituts de recherche (leti CEA tech, b<>com).

Ouverte jusqu’au 4 septembre 2019, cette consultation publique fixe le cadre du déploiement de la nouvelle technologie mobile qui devrait, bien au-delà de fournir des débits décuplés, permettre de nouveaux usages essentiels au développement de l’industrie française.

 

Ces exigences fixées par l’Arcep aux opérateurs traduisent des enjeux clés à la fois pour les opérateurs et les industriels :

  • Tout d’abord, l’objectif d’éviter la fracture numérique sera-t-il atteint ? Concrètement et à horizon 2025, entre 20 et 25% des sites 5G devront être situés dans des zones rurales. Cette contrainte n’empêche pas l’Arcep de fixer la barre haute sur les performances, avec notamment des obligations de débit d’au moins 240 mégabits par seconde (4 fois plus que la 4G) sur au moins 75% des sites de l’opérateur à horizon 2022.
  • La France échappera-t-elle à l’envolée des prix constatée dans les autres pays (Allemagne, Italie…) ? Les règles d’attribution garantissent une répartition équilibrée des fréquences entre les 4 opérateurs, en limitant le spectre maximum attribué à chacun. Cela sera-t-il suffisant pour éviter une envolée des prix ?
  • Un principe de « droit à la 5G » est instauré, garantissant la possibilité d’équiper les locaux des entreprises en antennes et ce à coût raisonnable. Evidemment, l’interprétation du terme « raisonnable » restera à affiner dans les étapes ultérieures de l’attribution mais cela soulève quelques questions : les industriels sont-ils prêts à accueillir la 5G ? Quels seront les bénéfices pour ces derniers ?
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